LE POPULAIRE 14/03/2017 La Maison des 5 à Bellac

Zoom sur la Maison des Cinq, un établissement dédié aux traumatisés crâniens ou cérébro-lésés

Bellac-Vie associative-Santé - Médecine

Publié le 14/03/2017

L’équipe et une partie des résidents prennent la pose devant la cuisine de la Maison, entièrement aménagée pour gagner en autonomie.

© Photo Aline Combrouze

La Maison des Cinq à Bellac compte désormais dans le paysage régional. L’association qui gère l’établissement espère être encore soutenue à l’échelle de la région Nouvelle-Aquitaine.

La solution de l'habitat partagé

La Maison des Cinq, ouverte depuis novembre 2014, prend actuellement en charge 5 personnes - le dernier résident est arrivé en 2016 -, accompagnées par une équipe d'auxiliaires de vie de l'association d'aide à la personne « ACTID 87 » pour l'équivalent de six emplois temps plein. Des heures délivrées aux résidents à travers la Prestation de compensation du handicap, une aide financière versée par le conseil départemental. « Le président Jean-Claude Leblois est venu nous voir pour la première fois la semaine dernière. Ce fut l'occasion pour nous d'expliquer le fonctionnement de cet habitat partagé et le travail au quotidien mené par les auxiliaires de vie, souligne Rolande Prelade, bénévole à la Maison des Cinq.

Objectif : construire une 2 e Maison des Cinq sur Bellac

Désormais inclus dans la région Nouvelle-Aquitaine, nous espérons aussi être encore soutenus : l'agence régionale de santé a notamment financé le dispositif de télésurveillance de nuit installé à la Maison, relié à l'AREHA pour intervenir en cas de problème. Nous avons maintenant un capital d'expérience dans la prise en charge des blessés traumatisés crâniens ou cérébro-lésés. Notre objectif est aujourd'hui d'étendre nos compétences à une autre Maison des Cinq et pourquoi pas sur Bellac. »

Pour l'équipe des bénévoles, la maison est l'alternative « entre l'enfermement dans la famille et l'enfermement en institution » permettant aux personnes de gagner en autonomie sans être dépendantes de leur famille.

Un établissement qui compte désormais dans le paysage régional. « En Limousin, il y avait un sous-équipement pour la prise en charge des traumatisés crâniens ou cérébro-lésés. Aujourd'hui, vous avez les ESAT, les Maisons d'Accueil Spécialisées, les GEM et des structures similaires à la Maison des Cinq. Mais avec 150 nouveaux cas de traumatisés crâniens ou cérébro-lésés chaque année en Limousin, il n'y a qu'une poignée de places proposées pour le nombre de blessés recensé sur 20 ans », souligne Jean-François Tardien du bureau associatif de la Maison des Cinq.

Bordeaux, ville référence pour le fondateur

L'association loi 1901 a financé tout l'aménagement intérieur de la maison : une construction ODHAC sur un terrain donné par la ville de Bellac. Le conseil général avait accordé une subvention d'investissement de 10.000 euros pour démarrer l'aventure. Depuis, les bénévoles redoublent d'efforts pour financer de nouveaux équipements en organisant lotos, thés dansant et autres animations tout au long de l'année avec le soutien des associations locales, et permettre ainsi aux résidents de gagner en autonomie et de reprendre une vie sociale. « Les personnes qui sont prises en charge peuvent rester autant de temps que cela est nécessaire, dans l'objectif qu'elles aient un nouveau projet de vie », explique le fondateur de la Maison des Cinq Jean Joly. À la suite de l'accident de vélo de sa fille en 2002, alors âgée de 22 ans, il découvre la Maison des Quatre à Bordeaux, ville qui fut « l'une des premières en France » à avoir proposé des solutions adaptées aux traumatisés crâniens. Sa fille y restera six ans, de 2010 à 2016, avant de s'installer en studio, seule, en novembre dernier. « Cette Maison lui a permis de s'installer à Montgorges à l'ouest de Poitiers. Elle est encadrée dans une structure dans laquelle se trouve une pièce commune, mais elle a son propre studio. C'est un réel progrès. »

La région Nouvelle-Aquitaine ne semble pas laisser de côté les traumatisés crâniens ou cérébro-lésés : la multiplication des habitats partagés comme celui de la Maison des Cinq à Bellac ou la Maison des Quatre à Bordeaux pourront permettre aux familles d'être aidées dans la prise en charge du proche, ces dernières étant souvent réticentes à accepter de placer la personne accidentée pour un séjour en institution.

Aline Combrouze