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Réparer les lésions cérébrales acquises

Handicap : réparer les lésions cérébrales acquises grâce à la stimulation magnétique ?

(Des chercheurs mettent en place un traitement non invasif par stimulation magnétique pour « réactiver » les neurones lésés)

Stimulation magnétique répétitive à haute fréquence (rMS)

De nos jours, aucun traitement n’est possible pour les patients ayant subi un traumatisme ayant conduit à une lésion cervicale. Les personnes dont la moelle épinière a été sectionnée dans un accident vont souffrir de paraplégie, tétraplégie ou d’hémiplégie. Elles peuvent actuellement bénéficier d’une prise en charge médicamenteuse et d’une rééducation. Néanmoins la récupération totale des fonctions motrices est impossible.

 

 Stéphane VINIT – Maître de conférences en physiologie à l’université de Versailles-Saint-Quentin et chercheur à l’Unité de Formation et de Recherche Simone Veil – et son équipe ont le projet de créer un traitement innovant pour parvenir à une récupération fonctionnelle.

 

 Pour cela, l’équipe a cherché à rétablir l’excitabilité de certains neurones en créant de nouvelles connexions synaptiques. L’équipe a appliqué sur des cobayes des champs magnétiques sur le site même de la lésion et autour pour stimuler les neurones.

 Selon Stéphane VINIT « Lorsque la moelle épinière est sectionnée, les neurones qui se trouvent de part et d’autre immédiate de la lésion finissent par mourir. Nous nous sommes demandés ce qu’il en était de ceux légèrement plus éloignés de ce site et avons cherché à améliorer l’excitabilité afin qu’ils puissent recommencer à transmettre un influx nerveux. »

 En l’occurrence, les chercheurs sont parvenus à démontrer que l’activité respiratoire, affecté par la lésion, était restaurée chez les rats après traitement. L’équipe poursuit ses travaux afin de parvenir à rétablir des fonctions motrices chez l’animal.

 Cette étude pourrait déboucher sur de nouvelles thérapeutiques non invasives pour améliorer le quotidien de patients en situation de handicap lourd.

Stéphane VINIT s’est vu décerner le prix Médisite en neurosciences par la fondation de France le 28 mars 2019 au Collège de France à Paris.

Source: www.fondationdefrance.org

Récupérer après une lésion cérébrale

Récupérer après une lésion cérébrale

Des chercheurs californiens ont découvert qu’un médicament utilisé pour traiter le VIH (virus de l’immunodéficience humaine / sida) pourrait aider à la rémission après avoir subi un traumatisme crânien ou un AVC (accident vasculaire cérébral).

En effet, une protéine présente dans certains neurones et cellules immunitaires nommées CCR5 empêcherait la guérison du cerveau.

Le rôle de la CCR5 est d’éviter la prorogation de l’inflammation et des dommages faits aux cellules lors d’un traumatisme en interrompant la connexion des circuits neuronaux. Cette molécule se développe particulièrement lors d’une inflammation pour protéger les neurones voisins d’une étendue de la lésion mais corrélativement, elle empêche alors les patients de récupérer en interrompant les connexions neuronales.

Les chercheurs ont constaté chez les rongeurs, chez lesquels ils avaient administré un antagoniste du récepteur de la CCR5, un développement des liens entre les neurones des régions du cerveau endommagées.

Ils ont testé pendant trois semaines le médicament sur des souris et ont observé que le traitement était bénéfique : les neurones de la région endommagée produisaient plus de connexions avec leurs voisins et les rongeurs récupéraient des capacités motrices.

Par ailleurs, les chercheurs ont remarqué que certaines personnes possèdent une mutation du gène qui produit la protéine CCR5 et qui en élimine l’expression, ce qui représente 10 % de la population d’origine européenne. Cette mutation permet une résistance à la propagation du VIH car le virus utilise la protéine CCR5 pour s’introduire dans les cellules et les infecter.

Les scientifiques ont eu l’idée de comparer les données de 68 personnes ayant subi un AVC et qui était porteuse de la mutation avec 446 personnes qui n’étaient pas porteuses de la mutation.

Ils ont alors constaté que les personnes dépourvues de la molécule CCR5 ont récupéré plus rapidement des capacités motrices et cognitives dans l’année suivant l’AVC.

Annihiler l’expression de la molécule CCR5 pour favoriser la connexion des neurones

Leur objectif à présent est de reproduire le blocage du développement de la protéine CCR5 lors d’une lésion cérébrale en utilisant le médicament qui mène déjà ce processus dans le traitement contre le VIH : le maraviroc.

Les chercheurs ont prévu de tester ce médicament antagoniste à la CCR5 sur 30 personnes, quatre semaines après un AVC pour voir si ce traitement serait envisageable chez l’humain afin de permettre une meilleure récupération après une lésion cérébrale.

Source : Cell 2019

La personne victime d'un dommage corporel

Qu'est-ce qu'une personne victime d'un dommage corporel

Par Emeric GUILLERMOU, Président de l'UNAFTC

Des cellules reprogrammées

Des cellules reprogrammées pourraient prendre le relais suite à une lésion cérébrale

Si un cerveau malade ou blessé a perdu des neurones, pourquoi ne pas demander à d’autres cellules de prendre le relais ? Plusieurs équipes de recherche ont fait un premier pas en avant dans ce sens en reprogrammant des cellules non neuronales appelées astrocytes dans des neurones du cerveau de souris vivantes. « Tout le monde est étonné du fait que cela fonctionne », a déclaré Nicola Mattugini, neurobiologiste à l’Université Ludwig Maximilian de Munich, en Allemagne, qui a présenté les résultats d’une expérience de ce type lors de la réunion annuelle de la Society for Neuroscience, la semaine dernière.

Pour en savoir plus :

Lien : https://trustmyscience.com/cellules-reprogrammees-pourraient-prendre-relais-suite-a-lesion-cerebrale/

L'accompagnement sur le long terme des patients victimes de lésions cérébrales est-il défaillant en France?

L'accompagnement sur le long terme des patients victimes de lésions cérébrales est-il défaillant en France?

VAR-Matin  (Article écrit par Nancy CATTAN Mis à jour le 17/03/2019)

Si les soins aigus sont unanimement reconnus de qualité, les proches dénoncent des failles dans l’accompagnement sur le long terme : manque de professionnels ayant une réelle connaissance de la problématique, et aussi de services et/ou établissements adaptés.

Si les soins aigus sont unanimement reconnus de qualité, les proches dénoncent des failles dans l’accompagnement sur le long terme : manque de professionnels ayant une réelle connaissance de la problématique, et aussi de services et/ou établissements adaptés.

Ils sont des milliers, mais on ne les voit pas. Victimes de traumatismes ou de pathologies à l’origine de lésions cérébrales, ils ont été sauvés par la médecine. Mais que deviennent-ils ensuite ?

Président de l’Union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens et cérébrolésés (UNAFTC), Maître Emeric Guillermou (1) est venu dans les Alpes-Maritimes à la rencontre des familles et aidants de traumatisés crâniens et cérébro-lésés.

Qui sont les patients cérébrolésés ?

Il s’agit des personnes victimes de lésions cérébrales d’origine traumatique ou secondaires à une pathologie : accident vasculaire cérébral, rupture d’anévrisme, anoxie cérébrale, tumeurs…

Combien cela représente-t-il de personnes en France ?

Nous ne disposons hélas pas de chiffres officiels. Depuis 10 ans, l’association préconise une enquête épidémiologique. On sait simplement que l’incidence du traumatisme crânien est d’environ 200 cas pour 100.000 habitants par an. Le nombre de personnes concernées est donc estimé à environ 120.000 par an en France (dont environ 10.000 sévères). Si on associe les personnes présentant des lésions secondaires à une pathologie, le nombre total d’individus concernés est doublé. Les lésions cérébrales représentent la première cause de handicap acquis dans le monde.

Les situations sont évidemment variables d’une personne à l’autre. Mais existe-t-il des points communs entre toutes ces personnes ?

Elles ont en commun de présenter des troubles des fonctions cognitives plus ou moins associées à des problèmes de comportement. On décrit souvent des troubles de la relation sociale et une anosognosie [la personne n’a pas conscience de sa maladie, Ndlr] ; une personne qui présente des séquelles neurologiques à la suite d’un traumatisme crânien peut ainsi dire que tout va bien ! Ces personnes manifestent par ailleurs un apragmatisme [incapacité à entreprendre des actions, Ndlr], des troubles de la mémoire, de l’attention, de la concentration et de la planification ; le simple fait de prendre un transport en commun est impossible dans la mesure où cela oblige à anticiper. Et puis il y a parfois des désinhibitions qui vont se traduire par des comportements inadaptés, de l’agressivité… Tous ces déficits consécutifs aux séquelles du traumatisme ont un impact évidemment majeur sur la vie quotidienne et compromettent fortement la réinsertion sociale, familiale, scolaire et professionnelle. Ces personnes ont un besoin d’aide humaine important.

Quid des proches ?

Ces situations ont bien sûr un retentissement très fort sur la famille et les proches, qui doivent être accompagnés et soutenus.

"UN CERVEAU LÉSÉ A BESOIN D'ÊTRE STIMULÉ"

Ce qui n’est pas vraiment le cas aujourd’hui. Vous pointez le défaut de prise en charge en aval…

En France, nous sommes très performants en termes de soins : Samu, neuro-réanimation… Les difficultés se situent en aval, lorsqu’il s’agit de quitter l’hôpital pour une orientation en centre de rééducation. Le manque de place, la priorisation par rapport aux capacités présumées de récupération fait qu’un certain nombre de patients vont se retrouver orientés par défaut vers des structures totalement inadaptées. Et pour ceux qui arrivent à trouver une place dans un centre, se pose plus tard le problème du retour à domicile, pour lequel on n’est pas du tout performant. Souvent, le conjoint arrête de travailler pour aider, avec un risque élevé de naufrage économique, psychologique… Il faut des aides, lever des financements, c’est difficile… Les assurances devraient être forcées à apporter les aides. Dans la réalité, elles jouent souvent la montre.

Quand il n’y a pas de place dans un centre ou que le domicile n’est pas envisageable, il n’est pas rare que des patients cérébro-lésés se retrouvent dans des Ehpad...

Tout à fait. Très récemment encore, un homme de 57 ans cérébro-lésé a été orienté vers un Ehpad, où sa situation ne cesse de se dégrader. C’est prévisible, ce type d’établissement n’étant pas du tout qualifié pour recevoir des cérébro-lésés. La personne n’est pas stimulée, son état neurocognitif se dégrade. Et comme on ne sait pas gérer les troubles du comportement, pour obtenir la tranquillité, on instaure des traitements lourds.

Les familles sont nombreuses à dénoncer les effets néfastes de la camisole chimique ?

Un cerveau lésé a besoin d’être stimulé sur le plan cognitif ; grâce à la plasticité, on peut espérer réactiver les réseaux neuronaux. Traiter ces patients par de fortes doses de psychotropes (neuroleptiques, benzodiazépines…) - comme c’est souvent le cas - abolit les capacités du cerveau à être réceptif. Il faut éviter les traitements supérieurs à 3 mois, la Hauté autorité de santé a émis des recommandations claires sur ce sujet.

Que pourrait-on faire pour améliorer le sort de ces milliers de personnes et de leur famille ?

Plusieurs points doivent être améliorés. En commençant par une orientation plus pertinente, d’emblée. Nous avons aussi besoin de professionnels mieux formés et en nombre suffisant. Enfin, il est fondamental qu’existe une vraie coordination entre tous les acteurs.

Des projets concrets ?

Nous désirons créer un centre national de ressources qui permettrait de baliser le parcours des personnes victimes de lésions cérébrales acquises.

(1) Maître Guillermou est avocat inscrit au barreau de Toulon, il est spécialisé dans la défense des victimes de dommages corporels.

 

Etude "Avec TC"

Etude "AVEC TC" Analyse et Valorisation de l’Expertise d’usage des proches et des blessés face aux Troubles Comportementaux après Traumatisme Crânien

Cette étude  vise à promouvoir et valoriser l’expertise d’usage, c’est-à-dire l’expérience accumulée par les proches aidants pour faire face aux « troubles du comportement » après un traumatisme crânien modéré ou grave. 

Financée par la FIRAH, Fondation Internationale de Recherche Appliquée sur le Handicap, elle a regroupé plusieurs acteurs: le CRF Les Capucins, le CHU d’Angers, Arceau Anjou, l’Université d’Angers et l’UNAFTC représentant les personnes cérébro-lésées et leurs familles.

 

2018 Guide à destination des aidants2018 Guide à destination des aidants (1 Mo)

2018 Guide à destination des professionnels et des familles2018 Guide à destination des professionnels et des familles (406.06 Ko)

Communique de presse troubles comportementaux post traumatiques analyses et valorisation de l 39 expertise d 39 usage des prochesCommunique de presse troubles comportementaux post-traumatiques analyses et valorisation de l'expertise d'usage des proches (655.34 Ko)

 

Un lien pour écouter l"émission de Radio Vivre FM consacrée à cette recherche : 

https://www.vivrefm.com/posts/2018/09/au-pres-de-la-recherche

Lien avec la FIRAH : http://www.firah.org/centre-ressources/troubles-comportementaux-pt-usage-des-proches.html

Lien avec l'UNAFTC : http://www.traumacranien.org/

 

 

1er mai : nouveau formulaire MDPH

Entrée en vigueur au 1er mai d'un nouveau formulaire MDPH

Utilisé au bon vouloir de chaque MDPH depuis 2017, le nouveau formulaire MDPH devient obligatoire dans toute la France le 1er mai 2019. Même si le nombre de pages a augmenté, il promet un remplissage simplifié qui vise des réponses personnalisées.

Allocation aux adultes handicapés (AAH), projet personnalisé de scolarisation, reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), carte mobilité inclusion... Ou toute autre demande liée à un handicap à effectuer auprès d'une Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) ?

Depuis le 1er mai 2019, le nouveau formulaire de demande (en lien ci-dessous) s'impose dans toute la France (en vigueur par arrêté du 5 mai 2017), sous le numéro Cerfa n° 15692*01 (en remplacement du 13788*01).

Plus précis, plus détaillé, il entend apporter des réponses personnalisées et un mode de remplissage simplifié.

20 pages

Il comporte 20 pages (contre 8 pour le précédent mais toutes les rubriques ne sont pas à remplir) et contient plusieurs rubriques portant sur :

  • l'identité du demandeur ;
  • la vie quotidienne ;
  • la scolarité ou la vie étudiante ;
  • la situation professionnelle ;
  • les demandes de droits ou de prestations.

Quelles aides ?

Ce formulaire est nécessaire pour demander les aides suivantes :

  • L'allocation adulte handicapée (AAH) ;
  • L'allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH) ;
  • La carte mobilité inclusion (CMI) ;
  • L'orientation vers un établissement ou service médico-social ;
  • La prestation de compensation du handicap (PCH) ;
  • Le renouvellement d'une allocation compensatrice (ACTP et ACFP) ;
  • L'affiliation gratuite à l'assurance vieillesse des parents au foyer ;
  • La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) ;
  • L'orientation professionnelle et/ou formation ;
  • Le projet personnalisé de scolarisation et les parcours et aides à la scolarisation.

Un feuillet pour les aidants

Ce formulaire comprend également un feuillet facultatif à l'attention de l'aidant familial qui peut y exprimer ses besoins. « Attention, même s'il comporte plusieurs parties, il n'est pas nécessaire de tout remplir, précise le site service-public.fr.

Il suffit de compléter uniquement les parties concernant votre situation. »

A noter que cette demande doit, entre autres, être accompagnée d'un certificat médical de moins de 6 mois qui, lui aussi, a été modifié en 2017 ( le Cerfa 15695*01 remplace l'ancienne version 13878*01) ainsi que d'un justificatif de domicile et la copie d'une pièce d'identité.

Attention, les anciens formulaires ne sont plus acceptés depuis le 1er mai 2019.

Pour plus de renseignements et les téléchargements :

Lien : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/R19993